La Plaine du Cul-de-Sac s’est transformée en un immense champ de désolation. Entre dimanche 10 et lundi 11 mai 2026, la guerre sanglante opposant des groupes armés dans cette région aurait fait plus de 90 morts selon des habitants, laissant derrière elle des familles brisées, des maisons réduites en cendres et une population abandonnée à son propre sort.
Les scènes décrites par les survivants glacent le sang : des mères errant avec des nourrissons dans les bras, cherchant désespérément leurs enfants disparus ; des familles contraintes de dormir à la belle étoile au milieu des flammes et de la fumée ; des vieillards fuyant sous les tirs sans la moindre assistance de l’État. Dans plusieurs quartiers, les habitants affirment n’avoir vu ni policiers, ni secours, ni représentants des autorités.
Une fois de plus, le peuple paie le prix de l’effondrement total des institutions. Tandis que les gangs avancent, brûlent, exécutent et terrorisent, le gouvernement semble enfermé dans un silence devenu insupportable. Les promesses répétées de reprise du contrôle du territoire résonnent désormais comme une insulte pour des milliers de citoyens livrés aux armes des groupes criminels.
La Plaine du Cul-de-Sac n’est plus seulement une zone de tension : elle est devenue le symbole brutal d’un État absent, incapable de protéger sa population ou même de répondre à l’urgence humanitaire qui s’aggrave de jour en jour.
Dans les camps improvisés, des familles racontent avoir tout perdu en quelques heures. Des enfants ont disparu dans la panique des attaques. D’autres assistent, traumatisés, à l’incendie de leur maison sans pouvoir sauver le moindre souvenir. Pendant ce temps, les autorités continuent de multiplier les discours diplomatiques et les déclarations vagues, alors que le pays s’enfonce dans une tragédie nationale d’une ampleur historique.
Le plus inquiétant demeure peut-être cette banalisation progressive de l’horreur. Plus de 90 morts en deux jours ne provoquent ni mobilisation nationale immédiate, ni véritable réponse sécuritaire visible. Comme si la souffrance des habitants des quartiers populaires ne méritait plus l’attention d’un pouvoir dépassé par les événements.
Aujourd’hui, dans la Plaine du Cul-de-Sac, ce ne sont pas seulement des maisons qui brûlent. C’est la confiance d’un peuple envers son État qui part en fumée.



