L’ambassadeur du Canada en Haïti , André François Giroux , a livré ce lundi 11 mai 2026 une déclaration particulièrement cinglante sur l’état de la justice et de la gouvernance en Haïti, dénonçant avec gravité un système gangrené par l’impunité, l’inaction et les calculs des élites politiques et économiques.
Dans des propositions qui résonnent comme un véritable réquisitoire contre le fonctionnement de l’État haïtien, le diplomate canadien affirme qu’aucune réelle volonté de justice ne semble exister parmi ceux qui dirigent actuellement le pays.
Selon André François Giroux, les rapports produits par l’ Unité Centrale de Renseignements Financiers et l’ Unité de Lutte Contre la Corruption sont globalement solides et crédibles. Pourtant, malgré la gravité des dossiers soumis à la justice, très peu aboutissent à des sanctions concrètes.
Le diplomate souligne qu’environ 166 rapports ont été produits par ces institutions, alors que seulement quatre auraient débouché sur des suites judiciaires efficaces. Un chiffre qui illustre, selon lui, l’effondrement inquiétant du système judiciaire haïtien face aux dossiers de corruption et de criminalité financière.
Mais les déclarations les plus explosives concernent surtout les liens présumés entre certaines élites et les groupes armés qui terrorisent le pays.
André François Giroux accuse ouvertement les secteurs politiques et économiques d’utiliser les gangs comme instruments de pouvoir, d’influence et de contrôle commercial. Une affirmation lourde de conséquences dans un contexte où plusieurs régions du pays sont déjà ravagées par les massacres, les enlèvements et les déplacements massifs de populations.
Pour plusieurs observateurs, cette sortie publique du diplomate canadien sonne comme un cadeau diplomatique d’une rare violence adressée à la classe dirigeante haïtienne.
Alors que des milliers de familles vivent sous la menace permanente des groupes armés, les propositions de l’ambassadeur viennent raviver une question qui hante une grande partie de la population : qui profite réellement du chaos haïtien ?
Dans les milieux politiques et judiciaires, ces déclarations risquent désormais d’accentuer davantage les tensions autour des accusations répétées de corruption, d’impunité et de collusion entre certains secteurs de pouvoir et les réseaux criminels.
Pour beaucoup d’Haïtiens, les propositions d’André François Giroux traduisent surtout le profond discrédit qui frappe aujourd’hui les institutions nationales aux yeux de la communauté internationale.
Car pendant que les gangs continuent d’étendre leur domination sur des territoires entiers, que des civils fuient les violences et que l’économie s’effondre, la justice haïtienne apparaît, aux yeux de nombreux citoyens, comme une machine paralysée incapable de perpétuer les puissants ou de protéger la population.
Dans ce climat de méfiance généralisée, les déclarations du diplomate canadien viennent renforcer un sentiment déjà largement partagé : celui d’un État dont les fondations vacillent sous le poids de l’impunité, de la corruption et des alliances obscures qui alimentent depuis des années la tragédie haïtienne.



