Installé le 8 août 2025 comme directeur général a.i. de la Police Nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison avait promis de « rétablir la sécurité partout dans le pays » dans un contexte marqué par la montée en puissance des gangs armés et l’effondrement progressif de l’autorité de l’État.
Au lundi 30 mars 2026, soit près de neuf mois après sa prise de fonction, le bilan sécuritaire continue de susciter de nombreuses interrogations au sein de la population haïtienne, alors que les groupes armés maintiennent leur emprise sur plusieurs zones stratégiques et que les routes restent largement paralysées.
Une nomination dans l’urgence sécuritaire
La nomination de Vladimir Paraison est intervenue dans un contexte de crise nationale profonde, marqué par la domination de l’alliance criminelle « Viv Ansanm », l’expansion des gangs dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et le déplacement de plus d’un million de personnes à travers le pays.
Ancien responsable de la sécurité du Palais national, blessé lors d’affrontements avec des gangs armés, Paraison avait été présenté comme un homme de terrain capable d’insuffler une nouvelle dynamique à l’institution policière et de renforcer la lutte contre l’insécurité.
Les attentes étaient donc particulièrement élevées, tant au niveau de la population que des partenaires internationaux.
Des équipements et des financements importants
Depuis son arrivée à la tête de la PNH, plusieurs initiatives ont été mises en avant pour renforcer les capacités opérationnelles de la police :
- livraison de véhicules blindés en février 2026
- renforcement de la coopération internationale avec les États-Unis, le Canada et d’autres partenaires
- visites diplomatiques et appui logistique pour les unités spécialisées
- formation de nouveaux policiers dans le cadre du projet P4000
- développement d’un plan stratégique de la PNH pour la période 2026–2030
- soutien financier de l’État et de partenaires internationaux
Les autorités ont également multiplié les rencontres avec des partenaires étrangers afin de renforcer les capacités opérationnelles de l’institution et améliorer les conditions de travail des policiers.
Selon les communications officielles, ces équipements devaient permettre à la PNH de mener des opérations plus efficaces contre les gangs armés et de rétablir la libre circulation dans plusieurs zones.
Des opérations répétées mais une insécurité persistante
Malgré ces moyens renforcés, la situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante.
Dans plusieurs zones de la capitale et des villes environnantes :
- les gangs continuent d’étendre leur emprise
- des quartiers restent sous contrôle de groupes armés
- des routes stratégiques sont toujours bloquées
- des maisons sont incendiées
- des civils sont tués ou enlevés
- des déplacés ne peuvent toujours pas rentrer chez eux
Les opérations annoncées par la PNH, souvent médiatisées, peinent à produire des résultats durables sur le terrain.
Des habitants de zones touchées par l’insécurité affirment que la réalité quotidienne reste dominée par la peur, la violence et l’absence de protection.
Communication officielle et perception publique
Depuis plusieurs mois, la communication autour des actions de la PNH est largement relayée par certains médias et plateformes d’information, mettant en avant les opérations et les annonces officielles.
Toutefois, de nombreux observateurs estiment que la perception sur le terrain reste différente, les citoyens se basant davantage sur leur expérience quotidienne que sur les discours institutionnels.
La population continue d’observer les routes bloquées, les attaques armées, les incendies et les déplacements forcés, ce qui alimente un sentiment de frustration et de méfiance envers les promesses sécuritaires.
Une crise humanitaire toujours visible
Au-delà des opérations policières, la crise sécuritaire a provoqué une catastrophe humanitaire :
- camps de déplacés surpeuplés
- familles sans logement
- enfants privés d’école
- activités économiques paralysées
- accès difficile aux services de base
Pour de nombreux citoyens, la priorité reste la sécurisation des quartiers et le retour à une vie normale.
Un défi majeur pour la direction de la PNH
La mission confiée à André Jonas Vladimir Paraison reste l’une des plus difficiles de l’histoire récente de la Police Nationale d’Haïti.
Diriger une institution confrontée à des gangs lourdement armés, à des ressources limitées et à une crise politique permanente constitue un défi considérable.
Cependant, la population attend désormais des résultats concrets et mesurables :
- routes libérées
- quartiers sécurisés
- gangs démantelés
- déplacés retournés chez eux
- baisse réelle de la violence
Entre promesses et réalité
Neuf mois après son installation, le débat reste ouvert sur l’efficacité réelle des actions menées.
Entre équipements, financements, opérations médiatisées et attentes populaires, la question centrale demeure : les moyens mis à disposition de la PNH permettront-ils réellement de restaurer la sécurité et l’autorité de l’État en Haïti ?
Pour de nombreux citoyens, seule la réalité du terrain pourra répondre à cette question.



