Après plus d’une décennie de silence relatif, l’ancien Premier ministre Laurent Lamothe annonce qu’il s’apprête à livrer sa propre version des événements qui ont marqué sa sortie du pouvoir et les années tumultueuses qui ont suivi. Dans un message publié ce 10 décembre, il affirme avoir été la cible d’une « campagne bien orchestrée et financée » visant à ternir son nom et à réécrire son parcours politique.
Pendant onze ans, explique-t-il, il a choisi de rester en retrait, convaincu que la vérité finirait par s’imposer d’elle-même. « Je pensais que la vérité se défendrait seule », écrit-il, évoquant une période qu’il décrit comme marquée par des accusations, des récits contradictoires et une bataille de perception dont il dit avoir longtemps refusé d’être acteur.
Mais l’ancien chef de gouvernement estime aujourd’hui que son silence a pu contribuer à laisser s’installer une version déformée de son histoire. Selon lui, la vérité — même si elle finit par apparaître — a parfois besoin d’être portée, éclairée, expliquée. « Je comprends qu’elle aussi mérite qu’on se batte pour elle. Car il n’est jamais trop tard pour bien faire », confie-t-il dans un ton inhabituellement personnel.
Dans son message, Laurent Lamothe insiste sur le fait que sa prise de parole annoncée pour samedi à midi n’a rien d’un retour politique ni d’une tentative de justification. Il affirme ne briguer aucun poste et ne chercher à se repositionner sur aucune scène institutionnelle. L’objectif déclaré : reprendre le fil d’un récit qu’il estime avoir été confisqué.
Son annonce intervient dans un contexte où la classe politique haïtienne demeure traversée par les fractures héritées des dernières années, et où la confiance du public envers les institutions reste fragilisée. Le choix de Lamothe de sortir du silence pourrait donc relancer des débats anciens tout en ouvrant la voie à de nouvelles interrogations.
Reste à savoir ce que l’ancien Premier ministre révélera dans sa déclaration annoncée, et comment ces propos seront reçus dans un paysage national où les mémoires politiques sont encore à vif.
Ce qui est certain, c’est que cette prise de parole, attendue depuis longtemps par certains de ses partisans comme par ses détracteurs, s’annonce comme un moment important pour celui qui dit désormais avoir fait de la « vérité » son nouveau combat.



