Le président américain Donald Trump a affirmé, ce vendredi 28 novembre, qu’il annulait l’ensemble des documents officiels signés par Joe Biden au moyen d’un autopen, une machine utilisée depuis des décennies par plusieurs administrations. Une annonce spectaculaire, mais dont la portée légale demeure extrêmement floue.
Donald Trump a relancé ce vendredi une nouvelle polémique autour de son prédécesseur Joe Biden, en déclarant qu’il annulait tous les décrets, mémorandums et documents officiels que Biden aurait signés à l’aide d’un autopen, un dispositif mécanique permettant de reproduire une signature.
Dans un message publié sur Truth Social, Trump a affirmé :
« Tout document signé par Joe l’endormi à l’aide de la machine à signer, soit environ 92 % d’entre eux, est par la présente annulé et n’a plus aucune force ni effet. »
L’attaque, spectaculaire, s’inscrit dans une stratégie politique déjà bien connue : remettre en cause la légitimité des décisions de l’administration Biden et, plus largement, nourrir le récit d’un mandat entaché d’irrégularités.
Un geste politique avant tout
Si la déclaration a immédiatement suscité de nombreuses réactions, son impact réel reste très incertain. Rien, pour l’heure, n’indique qu’un président américain dispose du pouvoir d’invalider automatiquement les mesures prises par son prédécesseur en invoquant le recours à un autopen — un outil utilisé depuis les années 1950, notamment sous les présidences de Ronald Reagan, George W. Bush, Barack Obama et Biden lui-même avant sa vice-présidence.
Aux États-Unis, l’autopen est un instrument parfaitement légal, reconnu par le Department of Justice, notamment pour les situations où le président ne peut être physiquement présent. Sa seule utilisation n’a jamais été considérée comme un motif d’invalidation.
Un flou juridique qui appelle des précisions
À ce stade, ni la Maison-Blanche, ni les services juridiques fédéraux, ni le Congrès n’ont confirmé l’existence d’une procédure permettant à un président d’annuler en bloc des textes antérieurs sur cette base technique.
La question de savoir si l’annonce de Trump relève d’un acte juridique formel ou d’un positionnement politique reste donc centrale.
Les constitutionnalistes interrogés par plusieurs médias américains soulignent qu’un décret présidentiel ne peut être annulé que par un nouvel acte officiel dûment enregistré, ou par une décision judiciaire. Aucun élément, pour l’instant, ne montre que la démarche annoncée par Trump suit ces voies traditionnelles.
Une décision aux implications politiques évidentes
Même sans effet légal immédiat, la sortie de Trump vise un objectif clair :
- décrédibiliser le mandat Biden,
- réactiver son électorat,
- alimenter une perception de chaos administratif sous l’ère démocrate.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité d’un discours construit depuis plusieurs années, opposant la « légitimité » revendiquée par Trump à une présidence Biden qu’il décrit comme faible, irrégulière ou manipulée.
Pour l’heure, la déclaration du président américain relève davantage d’un coup politique que d’un acte juridiquement opérant. Les institutions fédérales devront clarifier, dans les prochains jours, si cette annonce produit un quelconque effet administratif ou si elle doit être interprétée comme un positionnement symbolique — de plus dans un contexte politique particulièrement polarisé.



