Presque un an après les violentes attaques du 24 décembre 2024, le journaliste Jocelyn Justin vit un véritable cauchemar loin de son pays. Grièvement blessé lors de la fusillade survenue à proximité de l’Hôpital général de Port-au-Prince, il avait été transféré en urgence à Cuba pour y recevoir des soins médicaux. Depuis, son nom semble s’être effacé des radars officiels.
Un homme oublié par l’État
Selon les informations recueillies par le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC), Jocelyn Justin survit aujourd’hui dans une précarité extrême : sans abri, sans traitement, sans appui humanitaire. L’homme qui, pendant des années, a porté la voix de la vérité au prix de sa sécurité, se retrouve désormais seul, malade et oublié.
Pourtant, le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé avait publiquement promis de lui venir en aide. Un an plus tard, aucune assistance n’a été apportée. Pas de transfert de fonds, pas de suivi médical, pas même une visite officielle. Cette indifférence soulève une question troublante : que vaut la vie d’un journaliste dans la République d’Haïti d’aujourd’hui ?
Le symbole d’un pouvoir déconnecté
Pendant que Jocelyn Justin lutte pour sa survie dans un lit d’hôpital étranger, les dépenses publiques continuent de s’envoler.
Selon plusieurs sources proches du RHAJAC, plus d’un million de gourdes auraient été dépensées en repas de luxe par des membres du gouvernement ces derniers mois, tandis que d’autres millions se perdent dans des programmes fantômes ou des “opérations de communication” sans impact réel sur la vie des citoyens.
Pire encore, des sommes importantes auraient été versées à des groupes armés, prétendument pour “rétablir la paix”, alors même que des quartiers entiers restent livrés à la terreur. Ce contraste entre la misère d’un homme abandonné et le train de vie ostentatoire du pouvoir illustre, plus qu’un scandale politique, une faillite morale.
Un appel à la conscience nationale
Le RHAJAC estime que le cas de Jocelyn Justin dépasse le sort d’un seul homme : il incarne l’état d’abandon du journalisme haïtien, de ces femmes et hommes de presse qui, au péril de leur vie, dénoncent la corruption, les détournements et l’impunité.
“Quand un journaliste est blessé dans l’exercice de sa mission et qu’il est abandonné par ceux-là mêmes qu’il informait, c’est toute la société qui s’effondre moralement”, déclare Djovany Michel, secrétaire général du réseau.
Face à cette situation inacceptable, le RHAJAC :
- exige une prise en charge immédiate du journaliste Jocelyn Justin par l’État haïtien ;
- appelle le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à intervenir sans délai ;
- plaide pour la création d’un fonds d’urgence humanitaire destiné aux journalistes victimes de violences ou d’accidents en mission.
Responsabilité et devoir d’État
Le RHAJAC tient les autorités personnellement responsables de toute aggravation de l’état de santé du journaliste et dénonce ce qu’il qualifie de “silence délibéré et inhumain”.
À travers ce cas, c’est l’image d’un pays qui se regarde sombrer, sans réagir, qui se dessine. Un pays où la parole libre s’étouffe, non sous la censure directe, mais sous le poids de l’indifférence.
“Jocelyn Justin n’est pas seulement un nom. Il est le visage de tous ces journalistes qui refusent de se taire, même quand tout s’effondre autour d’eux”, conclut Djovany Michel.
📌 Contact presse :
Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC)
Email : Anti-corruptionrhajac@gmail.com
Téléphone : +509 3456 4848
Site officiel : rhajac.org


