Après les sanctions imposées par les États-Unis aux anciens sénateurs Antonio Chéramy et Nenel Cassy pour abus de pouvoir et leur rôle présumé dans les violences et blocages du mouvement dit « peyi lòk », d’autres personnalités politiques haïtiennes pourraient être prochainement ciblées.
L’information a été relayée sur X (anciennement Twitter) par le journaliste Djobany Michel, qui évoque une nouvelle vague de mesures punitives jugées « inévitables ».
Les anciens sénateurs dans le collimateur
Parmi les noms cités, les anciens parlementaires Ricard Pierre et Évalière Beauplan occupent une place centrale. Ces deux figures, piliers du fameux « groupe des 4 » aux côtés de Chéramy et Cassy, pourraient être incluses dans la prochaine série de sanctions. Leurs liens supposés avec les troubles politiques et sociaux qui ont paralysé le pays ces dernières années leur valent une attention particulière de la part de Washington.
Les alliés également visés
Au-delà de ces anciens sénateurs, le réseau d’alliés politiques et militants pourrait également être frappé. Selon le journaliste, les personnalités suivantes seraient dans le viseur :
- Me André Michel, avocat et figure de l’opposition politique ;
- Marjorie Michel, ancienne ministre ;
- Rosemila Petit-Frère ;
- Moïse Jean-Charles, leader de Pitit Dessalines ;
- Fritz Richardson Junior Walson Sanon ;
- Betty Lamy, militante politique, dont le dossier serait déjà « considéré comme un cas bouclé, en attente de sanctions ».
Ces noms traduisent l’élargissement du champ des mesures américaines, qui ne se limitent plus aux seuls parlementaires mais touchent désormais des figures de l’opposition politique et sociale.
Contexte : les sanctions comme outil diplomatique
Les sanctions américaines à l’encontre de responsables politiques haïtiens s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à responsabiliser les acteurs accusés d’alimenter la corruption, l’instabilité et la violence. Washington cherche ainsi à faire pression sur les élites locales pour favoriser une sortie de crise.
Dans le passé, les États-Unis ont déjà recouru à ce type de mesures, en gelant les avoirs à l’étranger ou en interdisant l’accès à leur territoire à plusieurs responsables accusés de collusion avec des gangs ou d’abus de fonction.
Réactions et incertitudes
Ces annonces, bien que non encore officielles, provoquent déjà des remous dans le paysage politique haïtien. Certains y voient une manœuvre de la diplomatie américaine pour peser sur la recomposition du champ politique, tandis que d’autres considèrent ces sanctions comme un signal fort adressé aux acteurs responsables de la crise.
Pour l’instant, aucune confirmation officielle n’a été faite par les autorités américaines, mais l’éventualité de cette nouvelle vague de sanctions alimente les spéculations et accentue l’incertitude dans un pays déjà fragilisé par la violence des gangs, la crise économique et l’effondrement institutionnel.
Si cette nouvelle série de sanctions venait à être confirmée, elle marquerait un tournant important dans les relations entre Washington et plusieurs figures de l’opposition haïtienne. En attendant, les regards se tournent vers le département d’État américain, qui devra préciser la nature et l’étendue des mesures envisagées.
Dans un pays en quête de stabilité, ce possible vague de sanctions illustre une fois de plus l’ampleur des tensions politiques et la difficulté à bâtir un consensus national autour d’une véritable sortie de crise.



