Alors que le pays traverse une période de turbulences sans précédent, un tweet du journaliste indépendant Djovany Michel, reconnu pour son engagement contre la corruption, jette une lumière crue sur les manœuvres politiques du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Ce dernier, au cœur de multiples controverses, aurait mis en place une stratégie à quatre volets pour préserver son pouvoir face à la pression populaire, diplomatique et médiatique.
Djovany Michel dénonce ce qu’il appelle les « quatre armes » utilisées par le chef du gouvernement pour maintenir son emprise sur les institutions, malgré les soupçons de corruption qui pèsent sur lui et son entourage.
1. L’alignement stratégique sur Washington
Selon Michel, Alix Didier Fils-Aimé chercherait à neutraliser toute pression américaine en engageant un cabinet de lobbying à Washington, dirigé par Carlos Trujillo, un proche de l’ancien président Donald Trump. Le contrat, estimé à 35 000 dollars mensuels, viserait à influencer l’administration américaine et à assurer que les positions officielles des États-Unis sur la crise haïtienne ne remettent pas directement en cause le leadership du Premier ministre.
Un choix stratégique, mais aussi controversé, qui questionne sur la transparence de l’utilisation des fonds publics, et sur la véritable indépendance de la diplomatie haïtienne.
2. Le verrouillage du Conseil Présidentiel de Transition (CPT)
Le deuxième levier évoqué est le contrôle politique du CPT, censé représenter une forme de gouvernance collégiale et transitoire. En s’entourant de figures comme Louis Gérald Gilles, Emmanuel Vertilaire et Smith Augustin, Fils-Aimé aurait réussi à verrouiller le conseil et à neutraliser toute opposition interne. Ce contrôle excessif du mécanisme de transition compromettrait ainsi la mission initiale du CPT : garantir un processus démocratique inclusif, transparent et crédible.
3. Des négociations occultes avec les groupes armés
L’un des aspects les plus graves des accusations formulées par Michel concerne un pacte tacite avec des groupes armés qualifiés de “terroristes”. Le journaliste affirme que des promesses d’amnistie ainsi que des millions de gourdes auraient été proposés à certains chefs de gangs en échange de leur silence ou de leur collaboration dans l’organisation d’élections contestées.
Le résultat, selon ses observations : une vague de répression contre les opposants politiques, les militants des droits humains et les journalistes indépendants. Face à un climat de peur grandissante, nombre d’entre eux auraient choisi l’exil, laissant le champ libre à une mise en scène démocratique aux contours flous.
4. Le silence médiatique acheté
Enfin, Michel pointe du doigt une stratégie de corruption des médias, à travers une enveloppe de 182 millions de gourdes. Ces fonds auraient été distribués à certains organes de presse influents, notamment au sein de l’Association des Médias Indépendants d’Haïti (AMIH) et de l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH). Objectif : acheter le silence ou orienter la couverture médiatique en faveur du pouvoir en place, tout en marginalisant les voix dissidentes.
Un pays à la dérive ?
Pour Djovany Michel, cette dynamique inquiétante pousse Haïti encore davantage dans une spirale de trafic, de manipulation institutionnelle et de fraude. Selon lui, la crise actuelle ne résulte pas seulement d’un effondrement de l’État, mais d’une volonté délibérée de certains acteurs de s’accrocher au pouvoir au détriment de l’intérêt collectif.
« Alix transforme Haïti encore plus en plaque tournante du trafic et enfonce le pays dans la misère par des contrats frauduleux », écrit-il dans un ton grave, mais déterminé.
Un appel au réveil citoyen et international
Ces révélations, si elles s’avèrent vérifiées, pourraient avoir des conséquences importantes sur le plan diplomatique et intérieur. Elles soulignent aussi l’importance du rôle de la presse indépendante et du journalisme d’investigation dans un pays où l’impunité est souvent la règle.
Alors que la population continue de souffrir sous le poids de l’insécurité, de la pauvreté et de la méfiance institutionnelle, le combat pour la transparence, la justice et la démocratie semble plus crucial que jamais.
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