Dans une sortie remarquée sur les réseaux sociaux ce vendredi 29 août 2025, le journaliste d’investigation Djovany Michel a dévoilé une information qui, si elle se confirme, pourrait faire grand bruit dans les milieux politiques haïtiens.
Selon ses sources, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aurait conclu un accord discret avec des chefs de gangs, leur offrant une somme de 100 millions de gourdes en liquide ainsi qu’une promesse d’amnistie, à condition qu’ils renoncent à la violence durant la période électorale. En échange, ces derniers accepteraient de ne pas perturber les élections prévues et de soutenir l’ascension politique d’un candidat : Olivier Barreau, pressenti pour la présidence.
Le journaliste affirme que ce dernier aurait déjà donné son accord de principe pour accorder l’amnistie à ces groupes armés s’il parvient à accéder à la magistrature suprême.
Un plan d’apaisement avant les élections ?
Derrière cette manœuvre, se dessine la volonté du gouvernement de créer, dans un mois environ, une impression de retour à la stabilité et à la libre circulation, afin de justifier la tenue d’élections générales. Mais cette stratégie soulève de nombreuses interrogations. Peut-on réellement instaurer une paix durable à travers des compromis avec des acteurs armés ? Et quel prix la nation devra-t-elle payer pour cette paix apparente ?
Djovany Michel reste prudent : « Si l’accord tient, les routes seront dégagées, et une ambiance factice de sécurité s’installera. Mais il suffit qu’un chef de gang se sente léser ou décide de ne pas jouer le jeu pour que tout s’effondre. » Il met aussi en garde contre un faux sentiment de liberté : « Même si les rues semblent calmes, ne baissez pas la garde. Rien ne garantit que ces bandes armées respectent l’accord. »
Une paix sous condition
Ces révélations viennent raviver le débat sur la légalité et l’éthique des négociations entre l’État et des groupes armés. Si certains y voient une solution pragmatique face à une situation hors de contrôle, d’autres dénoncent une banalisation de l’impunité et une trahison des principes démocratiques.
L’amnistie promise, si elle se concrétise, pourrait apparaître comme un chèque en blanc donné à ceux qui ont plongé le pays dans la peur pendant des années. Pour nombre d’Haïtiens, ces arrangements ressemblent davantage à une soumission qu’à une réconciliation nationale.
Une opinion publique divisée
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux comme dans les cafés, les débats vont bon train. Certains saluent la tentative du gouvernement de désamorcer la crise sans confrontation armée, d’autres s’inquiètent du précédent dangereux que cela pourrait créer. Un citoyen interrogé dans les rues de Port-au-Prince résume le sentiment ambiant : « On veut la paix, mais pas au prix de notre dignité. »
Une affaire à suivre de près
Pour l’instant, ni le Premier ministre ni le camp d’Olivier Barreau n’ont confirmé ou infirmé les allégations. Le silence officiel, dans un contexte aussi explosif, ne fait qu’ajouter au climat d’incertitude. Mais une chose est sûre : la route vers les élections s’annonce bien plus périlleuse qu’annoncée, et le peuple haïtien mérite la transparence, la vérité et la justice.



