Alors que l’arrestation de l’ancien sénateur Nenel Cassy continue de faire grand bruit dans l’opinion publique, un flou persistant entoure les motifs de cette détention. Ce lundi, le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince a déclaré, lors d’un bref point de presse, que son parquet n’avait toujours reçu aucun dossier officiel de la part de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
« À ce jour, aucun élément de dossier n’a été transmis au parquet que je dirige. Je ne saurais vous dire pour quelle raison précise M. Cassy a été arrêté », a affirmé le commissaire, visiblement agacé par la situation.
Cette déclaration soulève des interrogations sérieuses quant à la régularité de la procédure. D’autant plus que l’affaire implique une personnalité politique de premier plan, connue pour ses prises de position critiques à l’encontre des autorités en place. Nenel Cassy, ancien parlementaire du Sud et figure de proue de l’opposition ces dernières années, a été interpellé il y a trois jours dans des circonstances encore floues.
Une arrestation sans fondement légal connu ?
La déclaration du commissaire du gouvernement ajoute à l’opacité du dossier. En l’absence d’un mandat clairement justifié ou d’une procédure judiciaire enclenchée selon les formes requises, plusieurs juristes s’inquiètent d’une éventuelle dérive arbitraire. « On ne peut pas priver un citoyen de sa liberté sans que l’appareil judiciaire ne soit dûment saisi. Ce genre de situation est incompatible avec l’État de droit », souligne un avocat du barreau de Port-au-Prince.
Une affaire à suivre de près
Alors que les soutiens de M. Cassy dénoncent une arrestation politique, des voix s’élèvent pour exiger transparence et respect des droits fondamentaux. La société civile, déjà fortement ébranlée par une insécurité généralisée et une défiance croissante envers les institutions, perçoit ce nouvel épisode comme un symptôme alarmant de la fragilité démocratique actuelle.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, ni la DCPJ ni les autorités gouvernementales n’ont fourni d’explication claire quant aux accusations — s’il en existe — pesant sur l’ancien sénateur.
Dans un contexte de tensions croissantes, cette affaire pourrait bien devenir un point de bascule dans le débat sur l’indépendance de la justice et la protection des droits civils en Haïti.


