Rencontre décisive le 15 juillet 2025
Mardi 15 juillet, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils‑Aimé a échangé au WhiteHouse avec Michael Jensen, haut conseiller du Conseil national de sécurité américain pour l’hémisphère occidental. Au cœur de ces entretiens : la sécurité en Haïti et la tenue — ou non — d’élections générales
Ce déplacement survient dans un contexte explosif : les gangs armés contrôlent plus de 80 % de Port‑au‑Prince, d’après les Nations unies et les ONG locales. Des drones explosifs et des forces étrangères, notamment des contractors américains et kenyanes, ont été déployés depuis mars pour reprendre progressivement du terrain.
Une stratégie controversée… ou un rideau de fumée ?
Les critiques fusent : certains dénoncent une tentative superficielle — « faire semblant de sécuriser » pour prolonger un pouvoir controversé. Des accusations persistent selon lesquelles Fils‑Aimé serait lié à des oligarques corrompus et des gangs, laissant craindre que l’élection ne soit truquée.
Un commentateur haïtien interrogé par la CRS observe : « Relations entre gangs et élites politiques bien établies ; certains politiciens utilisent les gangs pour pression électorale » . Une analyse que l’on retrouve aussi dans les rapports de l’ONU et d’acteurs locaux dénonçant la collusion entre secteurs politiques, économiques et groupes armés.
Sécurité réelle ou affichée ?
Au cours de la rencontre, les États‑Unis ont surtout promis un soutien accru — drones, entrainement, logistique — pour renforcer les capacités de la police haïtienne dans sa lutte contre les gangs. L’enjeu est double : sécuriser l’organisation d’élections pour début 2026 et restaurer un semblant d’autorité étatique.
Le chef intérimaire du Conseil présidentiel, Fritz Jean, a salué l’apport des drones pour casser la domination des gangs, même si aucun leader majeur n’a encore été éliminé. Le problème reste structurel : sans réformes profondes, ces mesures risquent de n’être qu’un palliatif fragile .
Quelles perspectives pour Fils‑Aimé ?
- Pragmatisme diplomatique — S’appuyer sur des partenaires étrangers tout en conservant l’image d’un gouvernement haïtien dirigiste.
- Opacité politique — Les accusations de collusion rendent son gouvernement suspect aux yeux d’une partie de la population.
- Risque électoral — Si la sécurité reste précaire, les élections pourraient être marquées par des fraudes, des abstentions massives et un conflit latent.



