Ce qui n’était qu’une querelle d’ego entre deux figures géantes de la scène américaine est en train de virer au règlement de comptes brutal. Donald Trump, président en exercice et candidat à sa réélection, a relancé les hostilités avec Elon Musk, après une brève trêve qui avait suivi leur violente rupture début juin. Cette fois, les mots sont plus durs, et les menaces, plus lourdes de conséquences.
Tout est reparti d’un commentaire acerbe d’Elon Musk, posté sur X (anciennement Twitter), où le patron de Tesla et SpaceX critiquait la gestion économique de Trump, l’accusant de “populisme à courte vue” et de “mettre en péril l’innovation américaine”. Un affront direct que le président n’a pas laissé passer. Lors d’un meeting dans l’Ohio, Trump a vivement attaqué l’homme d’affaires, dénonçant son “hypocrisie” : “Elon Musk reçoit des milliards de dollars de subventions grâce à l’État américain, tout en crachant sur ceux qui le financent.”
Mais Trump ne s’est pas arrêté là. Dans une déclaration improvisée, il a annoncé vouloir « examiner sérieusement » la légitimité de la présence d’Elon Musk sur le territoire américain. “Il faut qu’on regarde de près son statut. Il n’est pas né ici. Peut-être qu’il est temps qu’il reparte construire des fusées ailleurs”, a-t-il lâché, déclenchant les acclamations d’une foule acquise.
Une telle déclaration, sans fondement légal immédiat, soulève de nombreuses interrogations. Musk, né en Afrique du Sud, est citoyen américain naturalisé depuis 2002. Aucun motif juridique n’a été avancé par la Maison-Blanche à l’heure actuelle. Mais dans le climat politique polarisé de 2025, les paroles présidentielles, même imprécises, font souvent office de menace.
L’équipe de communication d’Elon Musk est restée sobre pour l’instant. Dans un message cryptique publié dans la nuit, le milliardaire a simplement écrit : « J’ai construit plus pour ce pays que ceux qui menacent de me faire partir. » Une phrase qui sonne comme un avertissement, mais aussi comme une déclaration d’appartenance.
La relation entre les deux hommes a longtemps été ambiguë. Partenaires tacites pendant la première présidence Trump, ils avaient échangé soutien et compliments sur fond de projets industriels et spatiaux. Mais depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, le ton a changé. Musk semble vouloir incarner une forme d’opposition technolibérale, alors que Trump renoue avec ses instincts nationalistes.
Dans les milieux économiques, cette escalade inquiète. « Musk est certes clivant, mais il pèse lourd sur l’économie américaine. Le voir devenir une cible politique affaiblit le message pro-business de Trump », analyse Sarah Lindberg, économiste au think tank Atlantic Future.
Reste à voir si cette querelle continuera de monter en intensité ou si elle finira, comme tant d’autres, en déclaration oubliée. Mais une chose est sûre : les ponts entre Trump et Musk sont désormais coupés. Et cette fois, peut-être pour de bon



