Dans une décision saluée par des milliers de familles haïtiennes installées aux États-Unis, le juge fédéral Brian Cogan, basé à New York, a rejeté ce mardi la tentative de l’administration Trump de mettre fin prématurément au statut de protection temporaire (TPS) accordé à plus de 500 000 migrants haïtiens.
Ce statut, qui leur permet de vivre et de travailler légalement sur le sol américain, devait prendre fin le 2 septembre 2025 selon une mesure annoncée sous l’administration précédente. Mais le juge Cogan a estimé que cette décision ne pouvait prévaloir sur la date fixée par le Département de la Sécurité intérieure (DHS) sous l’administration Biden, soit le 3 février 2026.
Dans son jugement, le magistrat a souligné l’importance du respect des décisions administratives actuelles, appelant à une cohérence dans la gestion du TPS pour les Haïtiens. Il a également insisté sur la nécessité de ne pas précipiter des changements qui auraient un impact considérable sur des centaines de milliers de familles intégrées depuis des années dans la société américaine.
Cette décision signifie, en pratique, un sursis de cinq mois supplémentaires pour ces migrants haïtiens, qui vivent souvent dans une grande incertitude depuis que le statut de TPS est devenu un enjeu politique changeant au fil des administrations.
Pour de nombreux bénéficiaires, cette décision représente un soulagement temporaire mais réel. « Nous avons encore un peu de temps pour espérer, pour nous organiser. Ce n’est pas une victoire définitive, mais c’est un souffle », témoigne Rose-Michelle, aide-soignante en Floride depuis plus de dix ans.
Les organisations de défense des droits des immigrés saluent également ce jugement. « Le juge Cogan rappelle que derrière les débats juridiques, il y a des vies humaines. Nous espérons maintenant une solution durable, pas seulement des reports », commente un porte-parole de la Haitian Bridge Alliance.
Le TPS avait été initialement accordé aux Haïtiens après le terrible séisme de 2010. Depuis, de nombreuses extensions ont été décidées, mais toujours sous tension politique. L’administration Biden avait prolongé le programme en 2023, fixant comme date limite le 3 février 2026. La décision de ce mardi vient donc conforter cette échéance.
Si cette mesure offre un répit bienvenu, l’incertitude demeure sur l’avenir de ces centaines de milliers de personnes, qui espèrent un jour accéder à une voie de régularisation permanente.


