Par la Rédaction Haitiens.org
Alors que la crise sécuritaire continue de ravager la capitale haïtienne et plusieurs départements du pays, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a salué dans une note de presse la position ferme du Conseil présidentiel de transition (CPT), qui a officiellement rejeté toute forme de négociation avec les groupes armés qualifiés de « terroristes ».
Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 juin, la Présidence a clairement indiqué qu’elle ne cautionnera aucun dialogue avec les acteurs armés responsables des violences systémiques et des crimes de masse commis contre la population civile. Une prise de position que le RHAJAC qualifie de « décision courageuse », dans un contexte marqué par les déplacements massifs de populations, les viols collectifs, les assassinats ciblés et une atmosphère d’impunité qui ronge les fondements de l’État haïtien.
« Ceux qui n’ont pas été tués ont été déplacés, violés, pillés, agressés, ou vivent aujourd’hui dans la douleur, exilés loin de leur famille et de leurs repères, humiliés à l’étranger, avec un avenir incertain après avoir tout perdu en Haïti à cause de ces criminels », dénonce le RHAJAC dans sa note, dont Haitiens.org a obtenu copie.
Des accusations graves contre le Premier ministre
Mais au-delà de cet appui au CPT, le RHAJAC a également lancé une attaque frontale contre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accusé de « connivence » avec certains chefs de gangs. Selon les informations recueillies par le réseau de journalistes d’investigation, le chef du gouvernement aurait engagé, à l’abri des regards, des discussions secrètes avec des groupes armés dans l’objectif de garantir une forme de « calme apparent » en échange d’une promesse d’amnistie.
Le nom de l’entrepreneur Olivier Barreau est cité dans le communiqué comme un bénéficiaire présumé de cette stratégie politique souterraine, à laquelle serait également lié Laurent Saint-Cyr, pressenti pour prendre la tête du Conseil présidentiel. Toujours selon le RHAJAC, ce trio politique chercherait à stabiliser la situation par des moyens discutables, pour favoriser des élections dont les résultats seraient biaisés en amont.
Drones explosifs, sécurité détournée et menace sur la transition
Plus inquiétant encore : le réseau affirme que le Premier ministre contrôlerait de manière exclusive les drones explosifs fournis à l’État, non pas pour neutraliser les chefs terroristes, mais plutôt pour les protéger, en faussant les cibles des opérations militaires en cours. Une situation que le RHAJAC qualifie de sabotage pur et simple des efforts de sécurisation du pays.
« À défaut de son départ, le CPT perdra toute légitimité, et les terroristes finiront par s’emparer du pouvoir avec l’aide de leurs complices », avertit Djovany Michel, secrétaire général de l’organisation.
Ces révélations surviennent dans un contexte où la population haïtienne est de plus en plus sceptique face aux promesses de transition pacifique, alors que la gouvernance demeure minée par des alliances opaques et des compromissions répétées avec des acteurs violents.
Un appel à la vigilance citoyenne et à la transparence
Le RHAJAC appelle non seulement au remplacement immédiat du Premier ministre, mais exhorte aussi les membres du CPT à « faire preuve de cohérence, de courage et de transparence » dans la suite du processus politique. Pour les journalistes engagés contre la corruption et pour la justice, ce moment est crucial pour refonder la confiance publique et rompre avec la spirale de duplicité politique.
« La lutte contre la terreur et l’impunité ne peut pas être sélective, encore moins instrumentalisée à des fins électoralistes », conclut la note.
Le RHAJAC dit rester mobilisé pour dénoncer toute tentative de manipulation du processus démocratique et réaffirme son engagement à documenter, informer et alerter, dans l’intérêt supérieur de la nation.
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