La question de savoir s’il est nécessaire d’attendre jusqu’au 7 février 2026 pour former un nouveau gouvernement en Haïti soulève des préoccupations majeures concernant la stabilité politique, la sécurité et la gouvernance dans le pays. Le Conseil présidentiel de transition (CPT), mis en place en avril 2024, est largement perçu comme un échec, exacerbant les crises existantes plutôt que d’y remédier.
Un Conseil présidentiel de transition en échec
Le CPT, composé de neuf membres, a été institué par un décret du 12 avril 2024 pour conduire le pays vers des élections prévues le 7 février 2026. Cependant, son bilan est largement négatif. Des partis politiques tels que Fanmi Lavalas ont dénoncé son incapacité à répondre aux besoins urgents de la population, notamment en matière de sécurité et de lutte contre la corruption. Des massacres récents à Wharf Jérémie et Petite-Rivière de l’Artibonite ont mis en évidence l’inefficacité du gouvernement à protéger les citoyens. (Fanmi Lavalas dénonce l’échec du Conseil Présidentiel de Transition coordonné par Leslie Voltaire face à l’insécurité et à la mauvaise gouvernance… – RHINEWS)
Des accusations de corruption ont également été portées contre certains membres du CPT, notamment Smith Augustin, Louis Gérald Gilles et Emmanuel Vertilaire, impliqués dans un scandale à la Banque nationale de crédit (BNC) . Ces allégations ont entaché la crédibilité du gouvernement de transition. (Le démantèlement du Conseil présidentiel de transition (CPT) en Haïti est demandé)
La nécessité d’une transition immédiate
Face à cette situation, de nombreux acteurs politiques et sociaux appellent à la dissolution immédiate du CPT. Magali Comeau-Denis, ancienne ministre et représentante de l’accord de Montana, a affirmé que “tous les membres du CPT trempent dans la corruption” et a exigé le démantèlement de cet organe de transition. (Le Conseil présidentiel de transition en échec selon Fanmi Lavalas – NAM-HAITI, Le démantèlement du Conseil présidentiel de transition (CPT) en Haïti est demandé)
Le Mouvement Mutation Haïti (MMH) a également critiqué la légalité du CPT, soulignant que la Constitution haïtienne ne prévoit pas de structure collégiale à la tête de l’État et que les pratiques actuelles sont contraires à l’État de droit . (“Analyse critique du décret du 12 avril 2024 instituant le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et ses multiples contradictions juridiques”…. – RHINEWS)
La proposition d’une nouvelle transition
Pour éviter un effondrement total de l’État, il est proposé de mettre en place une nouvelle structure de transition, composée de trois à cinq membres, chargée exclusivement de l’organisation d’élections libres et transparentes. Cette nouvelle instance devrait être indépendante, sans liens avec les membres actuels du CPT, afin d’assurer sa légitimité et son efficacité.
Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a appelé les partis concernés à œuvrer pour la réussite de la transition, le rétablissement de la paix et l’organisation des élections. Il est crucial que cette nouvelle transition bénéficie du soutien de la communauté internationale et des acteurs politiques haïtiens pour garantir sa réussite. (Le démantèlement du Conseil présidentiel de transition (CPT) en Haïti est demandé)
Attendre jusqu’au 7 février 2026 pour former un nouveau gouvernement en Haïti semble risqué et pourrait conduire à un effondrement total de l’État. Le CPT ayant échoué à répondre aux besoins urgents de la population, une nouvelle transition, indépendante et axée sur l’organisation d’élections, est essentielle pour restaurer la stabilité et la légitimité des institutions haïtiennes



